Les fiches de rappel s’enchaînent sur le portail officiel RappelConso depuis le début du mois d’octobre 2026. Huiles pour chiens et chats, fleurs de chanvre, bonbons gélifiés, huiles alimentaires : à la date du 18 octobre, 17 fiches publiées depuis le 1er octobre mentionnent le CBD dans les données ouvertes de RappelConso. Le 16 octobre, cinq d’entre elles ont été mises en ligne dans la même journée.
Les points :
Le 16 octobre, fleurs et produits pour animaux en ligne de mire #
Deux références de fleurs vendues sous la marque CBD’eau, « Tangerine Dream indoor » et « OG Kush indoor », font l’objet d’un rappel volontaire. Le motif inscrit sur les fiches est le même : un taux de delta-9-THC supérieur au taux recommandé par l’Anses. Les produits, vendus en sachets scellés de 2 grammes, ont été distribués en Auvergne-Rhône-Alpes.
Le même jour, le même distributeur retire deux boîtes de conserve pour animaux de la marque Pawell, au bœuf et au poulet, présentées comme contenant du CBD. La fiche classe le risque dans la catégorie « additifs et arômes non autorisés ».
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Enfin, une huile de CBD à 3 % des Artisans du chanvre, vendue dans toute la France, est rappelée pour la « présence d’un additif (cannabidiol) non autorisé dans les produits destinés à l’alimentation animale ».
Début octobre, déjà une série d’huiles pour chiens et chats #
Ce n’est pas un épisode isolé. Le 2 octobre, plusieurs huiles de CBD pour chiens et pour chats des marques Mama Kana et CBDSol ont été rappelées avec une formule sans ambiguïté : « le CBD et les extraits de chanvre ont le statut d’additifs non autorisé pour l’alimentation animale ». Le 6 octobre, une autre huile pour chien a rejoint la liste, cette fois pour une anomalie d’étiquetage.
Le cabinet de l’avocat Reda Kohen a consacré une analyse à ces retraits, en détaillant ce que doivent décider grossistes, animaleries et vétérinaires face à des stocks devenus invendables.
Un statut réglementaire clair pour l’alimentation animale
Pour les animaux de compagnie, la ligne des autorités ne bouge pas : le cannabidiol n’est pas un additif autorisé. Les produits qui le présentent comme ingrédient d’un aliment, d’une friandise ou d’une huile à ajouter à la gamelle se retrouvent donc exposés au rappel, quelle que soit la qualité de fabrication.
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Gummies et huiles alimentaires : la question du THC #
Autre famille concernée : les produits à avaler destinés aux humains. Entre le 6 et le 7 octobre, plusieurs lots de gummies sans marque, distribués par une même société, ont été rappelés pour un taux de THC jugé trop élevé. La fiche évoque un dépassement de la dose de référence aiguë en delta-9-THC et rappelle que ces produits sont non conformes au règlement européen Novel Food.
Le 5 octobre, deux huiles de chanvre « spectre complet », à 5 % et 15 %, des Planteurs alsaciens ont également été rappelées. Le motif retenu : une teneur en delta-9-THC susceptible d’exposer le consommateur à une dose supérieure à la dose aiguë de référence.
Ce que doivent faire les consommateurs #
Les consignes figurent sur chaque fiche et sont homogènes : ne plus consommer ni utiliser le produit, le rapporter au point de vente ou contacter le service consommateur. Le remboursement est prévu dans les cas cités ici.
Le plus simple reste de vérifier ses placards en tapant « CBD » dans le moteur de recherche de RappelConso, puis de comparer marque, nom exact et numéro de lot. Pour les produits destinés aux animaux, inutile d’attendre un problème visible : le rappel tient au statut de l’ingrédient, pas à un défaut de fabrication.
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Une filière qui attend des règles plus nettes #
Ces rappels interviennent quelques jours après le dépôt au Sénat, le 8 octobre, d’une proposition de loi visant à encadrer la production, la traçabilité, la distribution et certains usages des produits à base de cannabidiol. Le texte n° 21, porté par le sénateur Guillaume Gontard et plusieurs de ses collègues, n’en est qu’au stade du dépôt : rien n’est encore en vigueur. Le cabinet Kohen en propose une lecture détaillée, de la vente au transport.
Pour les boutiques comme pour les clients, le message des dernières semaines est limpide : en matière de CBD, l’étiquette, l’usage revendiqué et le taux de THC comptent autant que le produit lui-même. Un commerçant qui vérifie les certificats d’analyse de ses fournisseurs et le statut de chaque référence se protège bien mieux qu’en découvrant un rappel après coup.




